« L’autonomie et la résistance aux éléments sont essentiels »

Interview

Yann BORGNET

Entre son diplôme de guide de haute-montagne à l’Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme (ENSA) et ses études à l’ENS de Rennes, Yann Borgnet vie pleinement son amour de la montagne. Escalade, parapente, VTT, randonnée, alpinisme, il aime varier les plaisirs. En 2015, il lance l’« Alpine Line Project », la Traversée des Alpes sur les traces du célèbre alpiniste Patrick Berhault. Une aventure réalisée en duo et en 163 jours, avec son compagnon de cordée Yoann Joly. Zoom sur un alpiniste nomade.

L’interview

Peux-tu nous présenter le projet Alpine Line Project ?

L’Alpine Line Project a germé dans ma tête il y a une dizaine d’année. J’avais alors 15 ans et j’effectuais un stage encadré par des guides de haute-montagne à l’ENSA. Un soir, nous sommes allés voir le film du grand alpiniste Patrick Berhault. Il parcourait la Traversée des Alpes par les sommets, depuis le Monte Cito en Corse jusqu’au sommet du Triglav en Slovénie. J’étais estomaqué et c’est ainsi que l’idée est née : moi aussi, je voulais traverser les Alpes à ma manière.

Avec Alpine Line Project, le départ et l’arrivée restaient les mêmes mais pas la façon de les rallier : pas de programme pré-établi, la traversée s’est faite au fil des rencontres, sans moyens de transports motorisés. Le but était aussi d’alterner les disciplines (ski, escalade, alpinisme, randonnée, VTT, parapente), pour créer des enchainements originaux et des ouvertures esthétiques. Nous avons ainsi rejoint la Corse en voilier avant de commencer par le Monte Cito. En Suisse, nous avons traversé l’Oberland en ski de randonnée pour continuer en parapente. On a également relié les Aravis en escalade et en parapente, ce qui n’avait jamais été fait.

Ce projet a donné naissance à un film que l’on a monté nous-même. On voulait montrer que la montagne nous transforme et nous révèle dans de tels projets. Pour le financer, on le présente aux programmateurs des festivals de cinéma mais on a déjà été diffusé sur des dates de renom : Grand Bivouac à Albertville, Festival International du Film de la Rochelle, les Rencontres du Cinéma de Montagne à Grenoble.

Comment as-tu utilisé ton TREKKER-X2 pendant cette traversée ?

On l’utilisait tous les jours en tant que GPS avec l’application View Ranger pour préparer, suivre et enregistrer nos parcours. Avoir toutes les cartes dans son téléphone, c’est vraiment pratique !

La veille, on étudiait l’itinéraire grâce aux fonds de carte de l’application. Quand on marchait, on pouvait se géolocaliser pour savoir si on était dans la bonne direction. Et à la fin du voyage, le tracking nous a permis de retracer notre itinéraire et de calculer la distance totale parcourue soit 3225 km.

Avec le GPS qui tournait toute la journée, on arrivait à tenir entre 2 et 3 jours avec le TREKKER-X2. On utilisait la fonction pour programmer l’allumage et l’extinction du téléphone pendant la nuit, ce qui nous permettait d’économiser la batterie. En montagne, l’autonomie et la résistance aux éléments sont des critères essentiels, surtout quand tout dépend du téléphone. Au final, on avait 2 batteries auxiliaires et on ne s’en n’est jamais servi !

En plus du GPS, on vérifiait la météo. On croisait les différents bulletins avec deux applications: Météociel, pratique pour le parapente car elle informe sur le vent en altitude; et Météoblue, une météo fiable sur le vent et les températures, et qui recense les principaux sommets.

Accessoirement, notre CROSSCALL nous permettait aussi d’animer nos réseaux sociaux pendant la traversée et de gérer la logistique, car 5 mois de voyage, ça demande une grande organisation !

Après Alpine Line Project, quels seront tes prochains projets ?

Ils ne sont pour l’instant pas définis mais je voudrais garder l’essence d’Alpine Line Project : l’itinérance, l’éclectisme des différentes disciplines, le partage et les rencontres.

Entre mon diplôme de guide de haute-montagne et mes études à l’ENS, mes prochains projets seront moins lourds en logistique mais ça n’empêche pas de faire voyager les gens en racontant de belles histoires. Je veux m’éloigner des films construits sur l’unique modèle de la performance. Je préfère être original et créatif dans des projets construits sur l’imprévu.

Certains pays comme l’Iran m’attirent. J’aimerais privilégier le vélo pour me déplacer et continuer à faire du parapente, de l’escalade, du ski, tout restant ouvert aux belles rencontres humaines.

En images

équipement utilisé

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