« À -15°C, tout gèle, sauf le téléphone ! »

Interview

GMHM

Le Groupe Militaire de Haute Montagne (GMHM), véritable laboratoire de l’extrême pour l’armée française, a mené cet été, deux expéditions (Pérou et Népal) dans l’objectif d’ouvrir des voies encore inexplorées. Antoine Bletton, Caporal-Chef au GMHM depuis 4 ans et à l’origine du partenariat noué entre cette élite de l’armée de Terre et Crosscall, nous éclaire sur l’utilisation du TREKKER-M1 par ces  professionnels de l’alpinisme.

L’interview

Peux-tu nous présenter les deux expéditions menées par le GMHM au Pérou et au Népal ?

Fin août dernier, nous sommes partis dans les Andes péruviennes. L’expédition s’est scindée en deux équipes. La première, composée du capitaine Didier Jourdain et du caporal Max Bonniot, est partie 4 jours en cordillère Huyahuash ouvrir une voie jamais grimpée auparavant : la Siula Grande à 6344m. Cette face Est, assez complexe, de plus de 1500m, alterne entre roche puis neige et glace sur plus de 600m. Ils ont surnommé cette voie le « Bruit des glaçons », en référence aux nombreuses chutes de séracs sur la face nord pendant la nuit.

Avec la deuxième équipe composée de 4 grimpeurs, dont je faisais partie, nous avons ouvert une nouvelle voie sur la face nord du Puscanturpa Este. Il nous a fallu 8 jours pour ouvrir cet itinéraire rocheux, particulièrement technique en haute altitude, et 2 jours de plus pour refaire toutes les voies en escalade libre.

Enfin, début septembre, une équipe s’est rendue au Népal et plus précisément sur le Nangpaï Gosum 2, un sommet himalayen vierge culminant à 7200m, l’un des plus hauts encore jamais atteints. L’expédition a malheureusement dû s’arrêter avant son terme, un bloc de glace étant tombé sur le bras de Mathieu Maynadier, guide de Haute Montagne, créant un hématome qui l’empêchait de grimper dans des longueurs techniques.

Comment utilisez-vous vos TREKKER-M1 pendant vos expéditions ?

On les utilise principalement pour s’orienter en mode cartographie. En mars, nous sommes partis en Terre de Baffin (Groenland) pendant 20 jours, en autonomie complète. Sur ce raid polaire, on a utilisé le GPS du TREKKER-M1 avec l’application Soviet Military Map. On téléchargeait les fonds de carte et on calculait la distance du raid pour pouvoir se repérer sur la banquise. Si on travaillait hors-connexion, car on ne captait pas toujours sur la banquise, l’application continuait de balayer les zones sur lesquelles nous étions passés et on ne perdait pas le tracé.

Dans ce type d’expédition, c’est primordial pour les militaires d’avoir un téléphone résistant aux conditions extrêmes. Sur la banquise, on est en permanence dans un environnement ultra humide et glacial. L’écran est donc souvent mouillé mais grâce au Wet Touch, il marche même avec les sous-gants !

Sur les expéditions au Pérou et au Népal, le téléphone est plus un outil de « confort ». On s’en sert pour prendre des photos de la face. On les entre ensuite dans l’ordinateur pour tracer l’itinéraire de la voie à emprunter. Quand on grimpe, c’est vraiment pratique d’avoir un téléphone étanche à la poussière. On ne craint pas de l’utiliser avec nos mains pleines de magnésie*. On a aussi besoin d’un téléphone robuste et fiable qui ne nous lâche pas. La nuit au camp de base, il peut faire jusqu’à -15°C, tout gèle, sauf le téléphone !

*La magnésie est une poudre minérale utilisée par les grimpeurs pour obtenir une meilleure adhérence sur les prises.

Quels sont vos prochains projets d’expédition ?

Il faut tout d’abord savoir que nos expéditions ont deux buts. Le premier, c’est la transmission. On forme et on encadre les commandos qui se rendront en zones de conflit. Pour cela, on s’entraîne en cascade de glace, en escalade artificiel et lors de raids polaires. En avril 2017, on projette de partir à nouveau pour une expédition de 20 jours en autonomie complète en Terre de Liverpool et en Terre de Baffin, toujours au Groenland.

Le deuxième objectif de nos expéditions concerne l’expérimentation sur le terrain et la performance d’un alpinisme de haut-niveau. On part sans commandos pour continuer à nous former, ce qui nous permet de prendre des risques plus importants. On se teste et on apprend à gérer une situation en cas de problème.

équipement utilisé

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