« Je n’ai jamais vu un téléphone si robuste »

Interview

Nicolas DUBREUIL

Il est le trait d’union entre le Groënland et la culture occidentale. Nicolas Dubreuil, spécialiste des expéditions polaires et ambassadeur Crosscall, a participé à la réalisation du film « Le voyage au Groënland », qui sort aujourd’hui dans les salles obscures. Cette fiction, pleine d’humour et de poésie, fait écho à un premier court-métrage, « Inupiluk », dans lequel deux inuits, Ole et Adam, découvraient Paris à travers Thomas et Thomas. Ces deux « bobos parisiens » se rendent à leur tour au pays des inuits. Cap vers la banquise.

L’interview

Quel a été ton rôle dans la création du film « Le voyage au Groënland » ?

Pour revenir à la genèse du projet, en 2013, j’ai invité deux amis inuits à Paris, Ole et Adam. Ils viennent de Kullorsuaq, un des villages le plus isolé et difficile d’accès du Groënland avec 400 habitants. Le dernier bastion des chasseurs d’ours. Mes amis ont voyagé pendant 5 jours pour se rendre à la capitale -on peut mettre jusqu’à 10 jours selon la météo. Ce projet a intéressé le réalisateur Sébastien Betbedet, qui m’a proposé de réaliser une fiction avec eux (et non sur eux). Il a alors tourné « Inupiluk », un premier court-métrage sur la rencontre d’Ole et Adam avec deux bobos parisiens typiques : Thomas et Thomas.  Ce film a rencontré un succès incroyable et a été primé dans de nombreux festivals (prix Jean Vigo, 1er prix du festival international du court-métrage de Clermont Ferrand, une nomination aux Oscars…).

Dans « Le voyage au Groënland », on raconte l’expérience inverse. Nos deux Thomas rejoignent Ole et Adam à Kullorsuaq, à la rencontre de la civilisation inuit.

Mon rôle a consisté à organiser la logistique du film avant, pendant et après. Je devais trouver des chercheurs d’ours, prévoir les déplacements en chiens de traineau, manager une équipe de tournage qui n’est pas aguerrie aux expéditions polaires.

Ton TREKKER-M1 a-t-il aidé à la réalisation du film ?

La communication est un élément clé dans ce type d’aventure où tout le monde aide à la réalisation du film. Pendant le tournage on travaillait en équipes séparées. Le téléphone était le moyen le plus simple et le plus sûr d’être en communication permanente. Contrairement à un smartphone, le talkie-walkie ne passe pas toujours derrière une montagne, les batteries sont plus sensibles au froid, c’est très volumineux et il faut savoir s’en servir. Là, le TREKKER-M1 résistait à des températures incroyables ! A – 30°C tous les jours, je n’ai jamais vu un téléphone aussi robuste. C’était également un élément de sécurité important. Si quelqu’un venait à tomber à l’eau, on savait qu’on pouvait appeler de n’importe où, contrairement à une radio qui ne marche pas à tous les coups. Il nous a été très précieux.

Comment les équipes communiquaient avec la population locale pendant le tournage ?

Le Groënland a toujours été entouré par le mythe des inuits habillés en peaux d’ourses. Mais étrangement, ils sont à la fois hyper connectés et hyper isolés. C’est l’un des premiers pays au monde à avoir été équipé d’Internet par satellite. Les inuits ont pris l’habitude de se servir de leur téléphone comme d’un ordinateur. Ils n’achètent même pas de forfait. Ils communiquent en permanence via Facebook et Instagram pour se tenir informés en temps réel. On utilisait donc ces applications pour communiquer en permanence. Dans mon village de Kullorsuaq, ils sont presque 80% à avoir un compte Facebook.

As-tu utilisé des applications particulières au Groënland ?

En plus de Facebook et Instagram, on utilisait le GPS pour se repérer et se donner des points de rendez-vous sur la banquise avec Maps 3D, Google Maps ou encore Daylight. Cette application renseigne le lieu, l’heure et la hauteur exacte du soleil, des informations importantes à prendre en compte lors des périodes de repérages car au Groënland, il y a 3 mois de jours puis 3 mois de nuit.

Pendant le tournage, on utilisait quotidiennement le téléphone pour « régler les scènes ». Les scripts notaient tous les changements à effectuer en prenant des photos, des vidéos, en écrivant sur des pense-bêtes ou en s’enregistrant avec le dictaphone.

Comment utilises-tu ton TREKKER-M1 dans ton métier ?

En tant que directeur d’expédition pour la Compagnie du Ponan, je dois repérer et étudier s’il est possible d’emmener des équipes avec moi dans des zones reculées. Le téléphone est un outil de repérage indispensable. Il est tout le temps dans ma poche. Je dois tout noter et répertorier en prenant des photos et des vidéos. Je m’oriente grâce au GPS et je conserve mes tracés pour repérer les accès.

Quand je pars en expédition polaire, je me déplace en chiens de traineaux. C’est souvent long et fastidieux. Il est donc obligatoire d’avoir un téléphone résistant et autonome. Mon TREKKER-M1 est pour moi un gage de robustesse et de sécurité. Je ne crains jamais de le casser même s’il tombe du traineau sur la glace. Pour l’anecdote, j’ai travaillé avec des « Searcher rescue » qui s’entraînent aux exercices de secourisme. J’ai simulé un accident en étant hélitreuillé dans des eaux à -20°C. J’avais mon Crosscall dans la poche et je ne me suis même pas posé de questions pour mon téléphone !

équipement utilisé

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